Chadô – Voie du Thé

Franck Armand organise régulièrement des sessions de “Chadô” (Voie du thé – Cérémonie du Thé) à la Falaise Verte.

Après avoir été initié au Japon il y a 25 ans, Frank poursuit sa pratique en France et transmet actuellement les principes fondamentaux de ce chemin spirituel issu du Zen. Franck retourne toutes les années au Japon poursuivre son apprentissage et y organise également des voyages culturels.

 

Prochaines sessions 2018

(attention nombre de participants limité à 10 personnes) :

  • 02 au 04 mars. Télécharger la fiche d’information.
  • 17 au 21 mai. Télécharger la fiche d’information : Chadô Falaise Verte mai 2018
  • le 27 mai, jour de l’anniversaire du grand maître de thé Sen no Rikyû, Frank servira un thé gratuitement à toute personne qui se rendra dans la salle de thé.
  • 27 au 30 sept

 

Pour tout renseignement contacter la Falaise Verte ou Franck Armand.

 

Franck Armand

Franck Armand est le maitre de thé de la Falaise Verte. Depuis 2015, il anime plusieurs sessions de week-end au Centre. Cet article est le premier d’une série qui tentera d’éclairer ce qu’est la Voie du Thé et pourquoi pas, susciter quelques vocations…

De formation scientifique, Franck Armand a passé sa thèse de doctorat de physique au Japon. Initié aux arts traditionnels, à l’Aikido et à la méditation zen, il a pu s’immerger dans cette culture au travers d’une expérience directe et concrète.
Il transmet en France les principes fondamentaux de la cérémonie du thé qu’il pratique depuis plus de vingt-cinq ans et dont il a su percevoir la portée universelle.
Issu d’une lignée de maitre de l’école Omote Senke, l’enseignement de Franck est particulièrement centré sur la conscience du corps en mouvement et la présence à la respiration. Par la cérémonie du thé, il accompagne les personnes sur un chemin de présence, d’efficacité, de vitalité et de joie.

Un peu d’histoire…

La cérémonie du thé est arrivée au Japon à la fin du 12ème siècle, introduite par Eisai Zenji, un moine parti en Chine du sud suivre les enseignements du Bouddhisme Chan, qui deviendra plus tard le Zen japonais. En Chine, le thé était déjà depuis plusieurs siècles considéré comme une boisson merveilleuse permettant aux moines une pratique prolongée de la méditation.

Eisai Zenji, rapporta donc au Japon les pratiques méditatives du Zen, fonda l’école Rinzai du Zen japonais et permit le développement de la pratique de la cérémonie du thé. Il avait pour cela intégré la connaissance du processus utilisé dans les monastères chinois ; il avait aussi rapporté des plants de thé ainsi que des objets utilisés dans la cérémonie du thé.

À l’époque où Eisai était allé en Chine, celle-ci était sous la dynastie des Song. La façon de boire le thé chez les Song, en particulier dans les monastères Chan de Chine du sud, consistait à mettre en suspension dans de l’eau chaude des feuilles de thé séchées et finement réduites en poudre. Dans cette façon de préparer le thé, non seulement on obtient une partie d’infusion liée à la diffusion dans l’eau de certaines substances, mais également le goût de la feuille elle-même, de la poudre elle-même. C’est cet ensemble là que l’on déguste lorsque l’on prend un bol de matcha – littéralement « le vrai thé » – préparé dans le cadre d’une cérémonie du thé.

Suite à la période Song, la Chine va entrer dans une période trouble avec l’invasion Mongole. Les Mongols fondent la dynastie Yuan et éradiquent une grande partie de la culture des Song. La dynastie mongole est ensuite remplacée par une nouvelle dynastie chinoise, la dynastie Ming. Sous cette nouvelle dynastie, le thé est une infusion de feuilles ; celles-ci ne sont donc pas consommées. L’Occident étant entré en contact avec la Chine sous cette période-là, le thé auquel nous sommes habitués est ce thé d’infusion de feuilles que tout le monde connaît.

La cérémonie du thé basée sur le matcha va donc quasiment disparaître en Chine et continuer à évoluer sur le sol japonais. Elle va y jouer un rôle essentiel, à la fois social, culturel, politique et spirituel en particulier pendant la longue période de guerre civile que va connaître le Japon entre 1467 et 1600.
À l’origine, en Chine, la cérémonie du thé s’était développée sous de multiples influences spirituelles, surtout bouddhistes bien entendu mais aussi taoïstes et confucianistes.

Au Japon, cette pratique va s’enrichir de l’influence de l’animisme local, le Shintô. Ainsi, avant d’entrer dans un pavillon de thé, l’invité, tout comme la personne qui se rend dans un sanctuaire shintô, va se laver les mains et se rincer la bouche en signe de purification.
Le Christianisme, très présent au Japon pendant le 16ème siècle, va aussi avoir un impact sur la pratique de la cérémonie du thé, même si les historiens débattent encore de l’importance de cette influence. Sen no Rikyû, le grand maitre de thé de la fin du 16ème siècle, pourrait très bien avoir été lui-même chrétien. Il semble que certaines des règles de pratique de la cérémonie du thé précisément codifiée par Sen no Rikyû, telles le nettoyage du bol, pourraient avoir été inspirée de l’eucharistie chrétienne.

La cérémonie du thé a ainsi traversé les siècles, évoluant lentement à l’image du rythme qui la caractérise,  intégrant l’influence de nombreuses traditions spirituelles. Au-delà d’une apparence qui en fait une pratique typique de la tradition culturelle japonaise, ces multiples influences spirituelles lui confèrent une universalité que l’on découvre peu à peu en cheminant.