Extrait du discours prononcé par Taïkan Jyoji pour la cérémonie officielle de consécration du Zendo, le 13 juin 2010

Comme je n’ai pas la parole facile, je vais faire bref !
Tout a commencé en 1985, dans le jardin du Korakuen à Okayama avec un groupe d’élèves. Nous nous promenions et je dis à Gérard : « Ca serait bien qu’on réalise notre propre Centre ».
Je fais part du projet à Taïtsu Roshi et on a toute son approbation. Le plus dur restait à faire : rassembler les énergies, l’argent, acquérir un lieu. Taïtsu Roshi, le premier, a fait un don important à ce moment là.

Le projet contenait la construction de deux bâtiments principaux, un dojo et un zendo, en commençant par le dojo parce que dans un dojo on peut faire zazen, mais dans un zendo on ne peut pas avoir d’autres activités, et comme on avait de l’argent pour un seul bâtiment, on a construit le dojo.
C’est ainsi que fut créé en 1987 le premier Temple Européen consacré au Zen Rinzaï.
Plusieurs années plus tard, au cours d’une venue de Taïtsu Roshi, il me fait la remarque suivante : «Et le zendo alors, c’est pour quand ?» Parce qu’il avait donné de l’argent pour un zendo mais pas pour un dojo !
Alors j’ai dit : «Bon  D’accord on va le faire», et me suis demandé : «par quoi commencer?».

On s’est réuni à Paris. Il y avait Gérard, Ivan, Daniel, Anne-Dauphine, une ou deux autres personnes, et une personne de Suisse à qui j’avais aussi demandé de venir, tous pratiquants du zen à la Falaise Verte. C’est toujours utile d’avoir un Suisse pour les questions financières. A un moment donné, il a demandé combien on avait besoin. J’ai répondu : un million d’euros. Il a annoncé: ” Je peux vous trouver ça !”
Dans la réalité il n’a jamais fourni un centime mais il nous a fourni l’espoir.
Comme vous le savez on ne peut pas faire zazen sans taku*. Alors on a commencé à confectionner des taku et on a construit le Zendo autour ! C’est aussi simple. Autrement dit, on a mis la charrue avant les bœufs!
Ça m’a toujours réussi de procéder de cette manière.

Avec Taïtsu Roshi on a une longue histoire puisque, à la mort de Mumon Roshi j’ai continué à faire sanzen avec lui. Non seulement je ressens Taïtsu Roshi comme mon Maître, mais on a aussi développé une longue amitié. Je voudrais, du fond du cœur, le remercier de venir régulièrement à La Falaise Verte, tout particulièrement cette année avec une délégation de dix huit membres, maîtres de temple, adeptes laïcs, amis. C’est un grand honneur.
Et puis, je voudrais remercier les personnes qui nous ont aidés moralement et matériellement, surtout les personnes qui nous ont aidés matériellement…

Un événement tout à fait exceptionnel pour Taïtsu Roshi s’est produit, le premier avril, ce n’est pas une farce… il a été nommé Kancho du Myoshin-ji. En quelque sorte “Cardinal”, des plus de trois mille temples rattachés à la Maison-mère. Entre temps mon ami Matsui Soeki a aussi cette année accédé au titre de Secrétaire Général du Myoshin-ji. Nous avons donc ici présents les numéros un et deux du Myoshin-ji.

C’était peut être un peu long mais heureusement je n’ai pas la parole facile, donc je m’arrête !
Ah! Pendant que j’y suis, je vous prodigue mon dernier enseignement: rappelez-vous toujours ce nouveau proverbe qui annule définitivement l’ancien: «Pour réussir un projet, il faut mettre la charrue avant les bœufs!»


Le Zendo, lieu de pratique du zazen est achevé en 2009. Il a été consacré par Taïtsu Kohno Roshi, supérieur de Myoshin-ji, au cours de la sesshin de juin 2011. Une délégation de 18 Japonais, maîtres de temples et autres personnalités étaient présents.