Taïkan Jyoji, fondateur du Centre de la Falaise Verte, est le représentant du Zen Rinzaï rattaché à Myoshin-ji pour l’Europe depuis son intronisation officielle par Yamada Mumon Roshi en 1976.

En 1989, il reçoit le titre de Kaikyo-shi, maître fondateur, des plus hautes instances de l’école Rinzaï.
Taïkan Jyoji enseigne également le tir à l’arc traditionnel japonais dans le prolongement de son expérience zen.

Blog de Taïkan Jyoji : Au coeur du Zen

 TJ zazen

Itinéraire personnel


Taïkan Jyoji se rend au Japon en 1964 pour y étudier l’architecture traditionnelle du pays. Il y enseigne le français, consacrant ses loisirs à la lecture. Il découvre le Surréalisme. Par sa revendication d’un fonctionnement libéré de l’esprit, il constitue pour lui un premier contact avec l’absolu.
C’est dans ce contexte de recherche intérieure diffuse que Taïkan Jyoji entre en contact avec le monastère de Shôfuku-ji à Kobé, par l’intermédiaire d’un ami. Il relate sa première expérience de zazen : “Je me souviens d’avoir plongé dans une sorte de brouillard de l’ignorance (qui mettrait sûrement des années à se dissiper…) et de m’être mis à trembler de la chaleur torride de l’été japonais : j’étais glacé.”
Quelques mois plus tard, surmontant l’indécision apparente qui précède toujours une mutation radicale, il se présente, en costume cravate et valise à la main, à la porte de Shôfuku-ji. Il décrira plus tard dans “Itinéraire d’un maître zen venu d’Occident“, l’ébranlement que fut sa première sesshin, la marée de souffrances, croissante jour après jour, qui l’engloutit. C’est cependant au cœur de cet effondrement intérieur que naît la détermination de poursuivre plus avant cette pratique : “Pourtant je suis resté, sans doute parce que je pressentais que derrière toute cette douleur il y avait quelque chose à réaliser.”

Les premières années sont essentiellement consacrées à l’apprentissage de la discipline monastique. Sesshin après sesshin, la terrible sesshin de Rohatsu au cœur de l’hiver japonais, où, dans le froid du zendo grand ouvert, se déroule l’épreuve de 7 jours et 7 nuits de zazen quasi ininterrompu. Au bout de deux années de pratique comme bonze laïque, il demande à Maître Mumon son ordination qui aura lieu le 8 avril 1970. Suivront cinq années de pratique assidue, d’efforts quotidiens, d’effondrements et de victoires, les épreuves renouvelées de la vie monastique, les confrontations fulgurantes avec Maître Mumon lors des entretiens individuels -“sit, sit, and sit !”- et son injonction pressante, incessante : “Soyez Un avec le Vide”.

A l’issue de cette traversée en solitaire de la discipline monastique zen, Mumon Rôshi, dans l’un des tout derniers entretiens individuels qu’il accorde à Taïkan Jyoji, lui déclare : “Maintenant que le couteau est aiguisé, il va falloir continuer à l’affûter”, lui signifiant de rentrer en Europe pour y enseigner le Zen selon son expérience.

Un éclair au matin !
Bruit de la rosée
S’égouttant dans les bambous

– Buson  (1716-1784)